
Le plus grand danger n’est pas de manquer de foi, mais de servir Dieu sans savoir réellement qui l’on est.
Certaines personnes aiment profondément Dieu.
Elles prient.
Elles servent.
Elles évangélisent.
Elles dirigent des groupes.
Elles chantent.
Elles enseignent.
Elles donnent leur temps.
Leur énergie.
Parfois toute leur vie.
Pourtant, un phénomène inquiète de plus en plus les communautés chrétiennes :
des serviteurs fidèles deviennent intérieurement fatigués.
Ils ne perdent pas toujours leur foi.
Ils perdent leur joie.
Leur paix.
Leur identité.
Ils continuent le ministère…
mais ne savent plus vraiment qui ils sont lorsque personne ne les appelle « frère », « sœur », « pasteur », « ancien » ou « responsable ».
Voilà l’une des crises spirituelles les plus silencieuses de notre époque.
Quand le faire prend la place de l’être
La Bible montre que Dieu appelle des personnes avant de leur confier une mission.
Avant Moïse, il y a l’homme.
Avant David, il y a le berger.
Avant Pierre, il y a Simon.
Avant Paul, il y a Saul confronté à une rencontre qui bouleverse son identité.
Le ministère n’est jamais censé remplacer la personne.
Pourtant beaucoup construisent leur identité autour de leur fonction.
Ils pensent inconsciemment :
« Je suis ce que je fais pour Dieu. »
C’est ici que naît la fragilité.
Car lorsque le ministère ralentit…
l’identité s’effondre.
Pourquoi tant de leaders spirituels s’épuisent
L’épuisement spirituel ne vient pas toujours d’un excès de travail.
Il vient souvent d’un manque d’enracinement.
Lorsqu’une personne cherche sa valeur uniquement dans son utilité :
elle ne sait plus dire non.
Elle culpabilise lorsqu’elle se repose.
Elle confond sacrifice et abandon de soi.
Elle finit par croire que Dieu l’aime davantage lorsqu’elle produit davantage.
Or l’Évangile enseigne exactement l’inverse.
Nous ne servons pas pour être aimés.
Nous servons parce que nous sommes déjà aimés.
Quelle différence !
Marthe et Marie : une tension toujours actuelle
L’épisode de Marthe et Marie reste d’une étonnante modernité.
Marthe sert.
Marie demeure en présence.
Jésus ne condamne pas le service.
Il rappelle simplement un ordre.
La présence précède l’action.
Lorsque cet ordre est inversé, le service devient une source d’agitation plutôt qu’un fruit de la communion.
Voilà tout le cœur de Présence & Ordre :
l’ordre spirituel commence toujours par l’identité.
Les signes d’un ministère construit sur une identité fragile
Vous vous sentez coupable lorsque vous prenez du repos.
Vous mesurez votre valeur au nombre de personnes que vous aidez.
Vous avez peur de décevoir tout le monde.
Vous ne savez plus qui vous êtes en dehors de votre fonction.
Les critiques vous détruisent profondément.
Les compliments deviennent indispensables.
Si plusieurs de ces signes vous parlent, le problème n’est peut-être pas votre engagement.
C’est peut-être votre identité.
Le protocole Présence & Ordre
Observer
Mon identité dépend-elle davantage de Dieu…
ou de mon rôle ?
Dialoguer
Qui serais-je si demain mon ministère disparaissait ?
Est-ce que je me sentirais encore pleinement aimé de Dieu ?
Agir
Revenir volontairement à des temps où l’on ne produit rien.
Simplement être.
Lire.
Prier.
Se taire.
Recevoir.
Avant de vouloir donner.
Conclusion
Le Royaume de Dieu n’a pas besoin de serviteurs épuisés.
Il a besoin d’hommes et de femmes profondément enracinés.
Car une identité solide produit un ministère durable.
Mais un ministère construit sur une identité fragile finit toujours par coûter trop cher.
Aujourd’hui, Dieu vous appelle peut-être moins à faire davantage…
qu’à redevenir pleinement présent devant Lui.
À retenir
Vous n’êtes pas d’abord ce que vous faites pour Dieu.
Vous êtes d’abord la personne que Dieu aime.
Wendy Rock
Présence & Ordre
Observer. Dialoguer. Agir.
La présence précède toujours la mission.



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